L’Italie peut-elle vraiment renaître grâce aux Oriundi ?
L’Italie cherche à retrouver son niveau mondial en s’appuyant sur les Oriundi, talents venus d’Amérique du Sud. Analyse complète d’une stratégie décisive.
L’Italie traverse une période charnière : après avoir manqué les Coupes du Monde 2018 et 2022, la Nazionale joue aujourd’hui sa survie au plus haut niveau. Sous la direction de Gennaro Gattuso, nommé pour réinjecter personnalité et intensité, l’objectif est clair : retrouver l’élite mondiale et éviter une nouvelle humiliation en barrages pour 2026.
Depuis l’euphorie de l’Euro 2021, le football italien semble bloqué : jeu devenu frileux, talents limités, identité offensive éteinte, absence de profils décisifs. Consciente de ses manques, la Fédération italienne adopte une stratégie devenue prioritaire : élargir massivement le vivier des talents grâce aux Oriundi, ces descendants d’Italiens installés en Amérique du Sud et restés profondément liés à leurs racines.
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Pourquoi l’Italie se tourne vers l’Amérique du Sud ?
L’Italie sait qu’elle ne peut plus compter uniquement sur son réservoir local pour rivaliser avec les géants mondiaux. Entre 60 et 80 millions de personnes à travers le monde revendiquent aujourd’hui des origines italiennes, dont une concentration exceptionnelle en Amérique du Sud : près de 20 millions en Argentine (47% des habitants), 45% de la population en Uruguay et environ 13% au Brésil.
Héritage direct de la gigantesque vague migratoire des XIXᵉ et XXᵉ siècles, ce capital humain devient aujourd’hui un atout stratégique majeur pour la Nazionale. Les règles de la FIFA permettent à tout joueur non-capé officiellement d’endosser un autre maillot s’il possède la nationalité ou un lien familial direct.
la Nazionale a donc facilité les démarches de citoyenneté par ascendance afin d’attirer les talents avant qu’ils ne soient verrouillés par leurs pays d’origine.
Les Oriundi déjà ciblés : Soulé, Valentini, Beltrán
Matías Soulé : le joyau le plus convoité
Âgé de 22 ans, brillant à la Juventus puis devenu un joueur essentiel à l’AS Roma, Matías Soulé est le nom le plus séduisant pour l’Italie. Né à Mar del Plata mais détenteur du passeport italien, il représente le profil offensif moderne qui manque cruellement à la Nazionale. L’Argentine tente encore de le conserver, mais l’Italie multiplie les approches.
Nicolás Valentini : le défenseur complet recherché par Gattuso
Formé à Boca Juniors et maintenant à la Fiorentina, Valentini possède déjà la citoyenneté italienne et n’a jamais joué avec l’Argentine A. Solide, propre techniquement, formé à l’école argentine, il correspond parfaitement au style que Gattuso souhaite imposer. Sa progression confirmée à Hellas Vérone le place en tête de liste des renforts défensifs potentiels.
Lucas Beltrán : le nouveau numéro 9 idéal
Avant-centre formé à River Plate, passé par la Fiorentina et aujourd’hui performant en Liga avec Valence, Lucas Beltrán n’a aucun passé avec l’Albiceleste. Sérieux, mobile, puissant et rapide d’adaptation, il incarne le profil complet du 9 dont manque la Nazionale. Pour la Nazionale, il pourrait suivre la trajectoire réussie de Mateo Retegui.
La nouvelle vague : un vivier jeune et explosif
Derrière ce trio déjà prêt pour le haut niveau, une génération encore plus jeune et prometteuse attire l’attention italienne : Gianluca Prestianni (Benfica), Tomás Puzo (Godoy Cruz), Gino Infantino (Fiorentina), Juan Sforza (Vasco da Gama).
Ces joueurs nés entre 2002 et 2006 combinent technique sud-américaine, rigueur européenne et double identité culturelle. la Nazionale veut agir tôt pour éviter qu’ils ne rejoignent l’Argentine A. Pour Gattuso, c’est une urgence stratégique.
L’héritage des légendes : l’Histoire se répète
Cette dynamique n’est pas nouvelle. Dans le passé, des Oriundi comme Monti, Orsi ou Sivori, venus du Rio de la Plata, ont offert à l’Italie des titres, de la créativité et un style unique. Aujourd’hui, l’Italie espère que ce modèle historique peut redevenir un moteur de renaissance. Avec un football en quête d’inspiration et un sélectionneur déterminé à reconstruire une identité forte, le recours aux Oriundi pourrait être l’étincelle qui relancera la machine.
L’Italie peut-elle réellement renaître ?
Pour retrouver le sommet, l’Italie doit combiner ses talents locaux avec l’énergie, la créativité et la fraîcheur de cette diaspora. Gattuso le sait : la Nazionale ne redeviendra une puissance que si elle adopte un modèle ouvert, moderne et capable d’intégrer rapidement des profils d’élite. Les Oriundi ne sont plus une exception : ils sont peut-être la clé d’un futur cycle victorieux.










